INTRODUCTION

 

Champ de sorgho à maturité

Au Burkina Faso, comme dans la majorité des pays d’Afrique sub saharienne, les semences constituent l’un des principaux déterminants des rendements agricoles. En effet, la semence améliorée, dans les conditions optimales, contribue pour 40% au potentiel de rendement. Par conséquent, lorsque sa qualité est douteuse, le potentiel attendu est hypothéqué. Il est donc nécessaire de maîtriser toutes les techniques de productions et de diffusion des semences afin de mettre à la disposition des producteurs, en temps opportun, des semences de qualité et en quantité.

Dans la deuxième édition du manuel de technique de production des semences certifiées, nous avons par conséquent amélioré l’information scientifique en particulier et mis à jour le manuel pour une production stable et sophistiquée de semences certifiées. Nous espérons que le manuel apportera une meilleure compréhension à toutes les parties prenantes liées aux semences, en particulier les inspecteurs, les vulgarisateurs, les techniciens des entreprises semencières, les animateurs d’ONG, les producteurs de semences et les membres de l’Union Nationale des sociétés coopératives des Producteurs semenciers du Burkina.

  1. I. DÉFINITION DE LA SEMENCE CERTIFIÉE

La semence agricole certifiée se définit au sens de la Loi 010 -2006/AN, comme « un matériel ou un organe végétal ou une partie de matériel ou d’organe végétal (graine, bouture, bulbe, greffon, rhizome, tubercule, embryon…) susceptible de reproduire à l’identique l’individu dont il est issu ».

Le contrôle de qualité désigne l’ensemble des activités menées par les services compétents visant à vérifier que la pureté variétale ou génétique des semences, leur état physiologique ou sanitaire ainsi que les normes technologiques sont conformes aux règlements techniques en vigueur au Burkina Faso.

La certification est l’aboutissement d’un processus de contrôle de qualité au champ et au laboratoire permettant de s’assurer que les semences présentées sont conformes aux normes et règles définies dans les règlements techniques.

II. TYPES OFFICIELS DE SEMENCES

Des tests faits au laboratoire

Selon la nomenclature agréée sur le plan international, la multiplication des semences se fait par les classes ou catégories de semences suivantes : Semences de Souche, Semences de Pré‑base, Semences de Base et Semences Certifiées.

2.1.. La semence de souche

La semence de souche ou semence du sélectionneur est une semence de haute pureté génétique issue du travail de sélection de l’obtenteur. La semence de souche est habituellement représentée par le symbole « Go » pour signifier qu’elle est le point de départ de toute multiplication de semence. Elle est produite et strictement gérée par les institutions de recherche obtentrices des variétés.

2.2 La semence de pré-base

Elle sert à la production de la semence de base. Elle est représentée par le symbole « G1, G2, G3 » et désigne la première, la deuxième et la troisième génération de la multiplication de la semence de souche. Elle est produite et strictement gérée par les institutions de recherche obtentrices des variétés.

2.3.. La semence de base

La semence de base est habituellement représentée par le symbole « G4 » pour signifier qu’elle constitue la quatrième génération ou multiplication de la semence de souche. La semence de base est produite sous le contrôle de qualité d’un organisme officiel de certification. Au Burkina Faso, le contrôle est effectué par les inspecteurs du Service National des Semences.

2.4. La semence certifiée

La semence certifiée, habituellement représentée par les symboles « R1 » ou « R2 » désigne la semence obtenue par la première (R1) ou la deuxième (R2) multiplication de la semence de base. La R2 n’est scientifiquement réalisable et conseillée que pour les semences d’espèces autogames, échappant à la pollution génique, grâce à leur mode de reproduction. La semence certifiée est produite par tout producteur inscrit sur la liste officielle des semenciers et contrôlée par le Service National des Semences (SNS). Le contrôle de qualité se réfère à des normes et règles définies dans le registre de la législation semencière.

III. ACTEURS DE SEMENCES AU BURKINA FASO

La production de semences implique des acteurs à différents niveaux de la filière de chaîne de semence (Fig. 2).

Les chercheurs : ils mettent à la disposition des services demandeurs des semences de pré-base ou de base de la variété créée. Ils assurent donc la responsabilité de la première multiplication de semences. Chaque variété est accompagnée d’une fiche technique descriptive.

Les techniciens (Unité production de l’INERA) : ils sont les experts de la production de semences de base et s’occupent de la production sur le terrain dans chaque station de l’INERA.

Les producteurs contractuels : ils sont des producteurs qui signent un contrat avec l’INERA. Ils ont un permis de production d’une unité de production de l’INERA. L’unité assure le contrôle de leur production.

Les producteurs semenciers (organismes de développement agricole, ONG, groupements de producteurs ou privés) : ils sont des producteurs enregistrés par le département de semences du Ministère de l’agriculture.

Les inspecteurs semenciers : ils dépendent de l’État. Leur rôle est de contrôler et d’attester que la production de semences a respecté les normes établies pour sa certification. Ils sont du Service National des Semences (SNS).

Les distributeurs : ils sont des détaillants, implantés dans diverses localités, qui commercialisent des semences certifiées en petits conditionnements de 1kg et plus. Ils tissent des relations avec des producteurs de semences pour leur approvisionnement.

Tous les acteurs dans la filière ont une responsabilité dans la production de semences de bonnes qualités pour relier la chaîne de semence.

Une semence de bonne qualité doit :

  • avoir un taux élevé de germination ;
  • être bien sèche ;
  • être pure: toutes les graines appartiennent à la même variété et ont la même grosseur et la même couleur ;
  • être propre: aucun mélange avec des matières inertes, comme des glumes, des débris, des graines d’adventices, des cailloux ou des particules de terre
  • ne pas être endommagée, cassée, desséchée, flétrie moisie, pourrie
  • être exempte d’insectes et de maladies.

L’amont de filière (génération jeune) affecte énormément les qualités de semence en aval de la filière.

  1. IV. PROCEDURES DE PRODUCTION DE SEMENCES CERTIFIÉES

Toute personne physique ou morale, individuelle ou associée, peut produire des semences au Burkina.

Cependant, il est indispensable de remplir les conditions suivantes contenues dans la loi sur les semences végétales à savoir :

  1. 41. L’INSCRIPTION AU REGISTRE DES PRODUCTEURS SEMENCIERS

Toute personne désirant produire des semences végétales doit, au préalable, demander son inscription sur le registre des producteurs semenciers, tenu à jour par les services techniques compétents des Directions Régionales du Ministère en charge de l’Agriculture.

L’inscription consiste à accomplir une formalité administrative en vue de se faire reconnaître officiellement comme producteur de semences auprès des services compétents de l’administration de l’agriculture.

L’inscription est conditionnée au dépôt d’un dossier composé comme suit :

  • • Une demande d’inscription manuscrite, timbrée à deux cents francs (200) FCFA, adressée au Ministre en charge de l’agriculture ;
  • • Une justification de connaissance en production de semences. Ces connaissances doivent être prouvées par une photocopie légalisée d’un diplôme ou d’une attestation de formation sur les semences ou du recours au service d’un technicien compétent dont une photocopie légalisée du diplôme sera jointe au dossier ;
  • • Une fiche d’identification fournie par les Services techniques compétents dûment remplie en trois (3) exemplaires ;
  • • Un engagement du demandeur à collaborer avec les services techniques compétents, à se conformer aux consignes de contrôle de qualité et aux obligations du cahier de charges ;
  • • Le reçu de versement de la taxe unique d’inscription au registre des producteurs semenciers qui est fixée à cinq mille (5000) FCFA.

L’inscription au registre des producteurs semenciers doit être renouvelée tous les trois (3) ans.

La date limite de dépôt de dossiers est fixée au 15 février de l’année en cours.

Le producteur semencier qui refuse d’observer les instructions et consignes des techniciens durant deux (2) années consécutives est radié du registre des producteurs semenciers. Il ne peut faire l’objet d’une nouvelle inscription qu’au bout de deux (2) ans révolus.

4.2. DECLARATION DE CULTURE

Le producteur semencier inscrit pour l’exercice de l’activité de production de semences est tenu de faire chaque année, avant le premier (1er) mai, une déclaration de culture auprès du service chargé des semences.

Les cultures déclarées, objets de productions semencières sont placées sous la surveillance de techniciens semenciers agrées tout au long de leur cycle de développement.

4.3. JUSTIFICATION DE L’ORIGINE DE LA SEMENCE UTILISEE

Le producteur semencier est tenu de disposer d’un reçu d’achat ou de tout document pouvant justifier de l’origine de la semence à multiplier. Cela permet de déterminer la catégorie de semence produite.

4.4. REDEVANCE DUE AU TITRE DU CONTROLE DE QUALITE POUR LA CERTIFICATION DES SEMENCES VEGETALES

Tout producteur semencier inscrit au registre des producteurs semenciers est soumis au paiement d’une redevance au titre du contrôle de qualité pour la certification des semences végétales. Cette redevance est due pour services rendus en matière de contrôle de qualité pour la certification des semences végétales au champ et au laboratoire.

Le montant de la redevance est proportionnel à la superficie de production ; il est fixé comme suit :

  • • Mille (1000) FCFA par hectare de production de semences végétales pour les superficies inférieures ou égales à cinq (5) hectares
  • • Mille cinq cent (1500) FCFA par hectare supplémentaire de production

La redevance pour contrôle de qualité est acquittée avant le premier contrôle.

4.5. CONTROLE DE QUALITÉ POUR LA CERTIFICATION DES SEMENCES

Le contrôle de qualité consiste à vérifier l’application des normes et des règlements techniques en matière de production, de conditionnement, de traitement, de stockage, de commercialisation des semences agricoles au Burkina Faso.

Peuvent faire l’objet d’un contrôle de qualité et d’une certification les semences dont les variétés sont inscrites au catalogue national. Les semences de base (G4) et les semences certifiées (R1 ou R2) sont obligatoirement soumises au contrôle de qualité pour la certification.

4.5.1. Inspection du champ de semences

Inspection d'un champ de riz dans la région du Centre-est

L’inspection au champ vise à vérifier l’application correcte des normes de production. Les premières concernent des contrôles pour la superficie minimale, l’antécédent cultural, l’isolement, les lignes de bordure, la densité, l’opération pour conservation de la terre (application de la fumure organique). Les secondes permettent de contrôler la pureté variétale, la propreté culturale et l’état sanitaire des cultures.

Durant la production, les champs de semences sont inspectés au moins trois (3) fois. Une première fois au moment de la levée, pour vérifier l’origine des semences, l’antécédent cultural, l’isolement des parcelles.

Une deuxième au moment de l’apparition des boutons floraux pour l’épuration et la vérification des techniques culturales.

Une troisième fois qui est la période propice à l’élaboration des caractères variétaux.

  1. V. CONDITIONNEMENT ET CONSERVATION DES SEMENCES

Le conditionnement est une technologie post récolte pour garantir la qualité des semences grâce à une série d’opérations minutieuses, successives et complémentaires.

L’objectif est :

  • • d’éliminer les corps étrangers indésirables (graines de mauvaises herbes et des matières inertes),
  • • d’éliminer les semences de mauvaises qualité (immatures, brisées, les insectes ou les maladies détériorées ou endommagées par les insectes ou les maladies ;
  • • de calibrer les graines, de protéger les semences par les pesticides ;

Il permet d’obtenir des semences propres, pures, exemptes de maladies, à fort pouvoir germinatif et convenablement calibrées afin de pouvoir être semées.

Les opérations de conditionnement sont :

V.1  LA RECOLTE

Les conditions climatiques au moment de la maturation et de la récolte doivent être favorables.

Il est très important de récolter les semences au bon moment, lorsque 75 à 80% présentent les caractéristiques de la pleine maturité.

Il faut tenir compte de la teneur en eau.

  • Si on récolte trop tôt :
  • les semences seront mal remplies, verts et ratatinées avec présence de graines mal remplies et vont perdre du poids par la suite;
  • les semences seront encore trop humides, difficiles à battre et qu’il faudra encore sécher.
  • Si on récolte trop tard on aura comme résultats des pertes par :
  • l’égrenage spontané ;
  • la verse des cultures ;
  • le ré-envahissement des cultures par les mauvaises herbes ;
  • la détérioration des graines sous l’effet de l’alternance des conditions climatiques (température/humidité),
  • et des attaques dues aux moisissures.
    • LE SECHAGE 

Le but du séchage est de réduire la quantité d’eau dans les semences afin de permettre une bonne conservation.

Une teneur élevée en eau des semences provoque :

  • • une mauvaise conservation avec échauffement des grains et développement de moisissures ;
  • • favorise la pullulation des insectes granivores ;
  • • réduit la faculté germinative ;
  • • accélère le vieillissement des semences.

Pour assurer une bonne conservation des semences, celles-ci doivent impérativement avoir un taux d’humidité faible : inférieur ou égal à 9% (≤9%) pour les oléagineux et inférieur ou égal à 12% (≤12%) pour les céréales.

  1. V. II LE BATTAGE/ VANNAGE

Le battage a pour but de débarrasser le grain de ses enveloppes (glumes et glumelles du riz, spathe et rafes du maïs, cosses des légumineuses et coques d’arachide).

Les conséquences d’un mauvais battage entraînent des blessures de grains avec une réduction de la:

  • qualité germinative,
  • vigueur à la levée, et une réduction de la vitesse de croissance de la plantule.
  • V. III LE NETTOYAGE

Séance de nettoyage de semence avant reconditionnement par un groupe de femmes dans la province des Banwa

Il consiste à éliminer autant que possible les déchets des semences qui sont les :

  • matières inertes,
  • graines de mauvaises herbes,
  • graines d’autres espèces,
  • graines d’autres variétés,
  • semences non conformes,
  • semences endommagées,
  • graines brisées,
  • et les graines malades.

C’est une opération qui consiste à préparer la semence pour la vente et également fournir à l’agriculteur un produit de haute qualité

  • LE TRIAGE/ CALIBRAGE

Le triage des semences consiste à débarrasser les semences de toutes les impuretés en vue d’obtenir une bonne pureté spécifique et variétale et un bon pouvoir germinatif.

Le triage débute au champ puis se poursuit après le battage.

Au cours du triage sont enlevées les :

  • • graines ratatinées ;
  • • graines décolorées, noires et pourries ;
  • • graines attaquées par les moisissures ;
  • • graines blessées ;
  • • graines d’autres espèces et d’autres variétés ;
  • • et les débris végétaux.

Le triage peut se faire manuellement ou avec des machines.

  • LE TRAITEMENT

Les semences sont exposées à des attaques de maladies et d’insectes à la conservation.

Pour les protéger il faut les traiter convenablement avec des substances chimiques ou naturelles.

Afin que les produits collent bien aux semences, il faut bien les nettoyer avant de traiter.

Il existe deux types de traitements :

  • le préventif qui intervient pour protéger les semences avant l’installation des parasites (traitement au champ, traitement avant stockage) ;
  • et le traitement curatif réalisé au moment où les parasites sont déjà installés (au moment de l’attaque, au stockage).
    • LE STOCKAGE /CONSERVATION

C’est pouvoir disposer de semences depuis la récolte jusqu’au semis en prenant soin de maintenir la qualité physiologique et en minimisant la baisse du pouvoir germinatif (vieillissement) après la maturité.

L’humidité est responsable de l’augmentation de la teneur en eau de la semence ; plus le taux est élevé, moins la semence vit longtemps et plus le taux est bas plus la semence vit longtemps :

Taux d’humidité de la semence (%)           Durée de stockage possible                                                                                                   

  • • 11 à 13                 6 mois                                                      
  • • 10 à 12 12 mois                                                                                                                 
  • • 9 à 11                24 mois
  • •8 à 10 48 mois

La température est le second facteur très important pour le stockage. Plus la température est élevée plus la semence vieillit.

Les insectes et rongeurs sont les autres facteurs pouvant compromettre le stockage.          

PRECAUTIONS A PRENDRE LORS DU STOCKAGE

  • Récolte à la bonne date
  • Battage précis, engins bien réglés,
  • Séchage soigné,
  • Traitement des semences (les semences traitées à l’aide de produits chimiques doivent être isolées des habitations),
  • Nettoyage, triage, calibrage correcte,
  • Local propre et adéquat (désinfecté, sec, aéré, à l’abri des intempéries et des animaux,
  • Contrôler la température, l’humidité du local,
  • Prévoir des allées pour la circulation de l’air et des personnes dans le magasin,
  • Mettre une étiquette à l’intérieur et à l’extérieur du sac,
  • Stocker les semences par lots et par variété,
  • Stockage des lots homogènes,
  • Faire des visites périodiques,
  • Chaque lot doit porter les renseignements nécessaires : nature de la semence, variété, provenance, traitement effectué (produit, dose etc.).

STOCKAGE DES SEMENCES PAR LOTS ET PAR VARIETE

Semences entreposées par lots dans un magasin

  1. V. 4 L’EMBALLAGE / ENSACHAGE

Utiliser des sacs neufs pour le conditionnement des semences, les sacs à triple fonds sont fortement recommandés.

  1. VI. ANALYSE DE LA QUALITE DES SEMENCES AU LABORATOIRE

Après les opérations post-récoltes, les semences sont regroupées dans des magasins identifiés et traités par les services compétents. Un échantillonnage est effectué, par les inspecteurs du SNS, sur les différents lots entreposés. Le poids maximum du lot de semence à échantillonner est de dix (10) tonnes. Les tests au laboratoire portent sur les échantillons des lots de semences (échantillon soumis et échantillon de travail). L’analyse vise à déterminer les différentes composantes des lots de semences que sont :

  • • La pureté spécifique et variétale des semences
  • • Le pouvoir germinatif
  • • Le taux d’humidité
  • • L’état sanitaire

Le contrôle de la qualité des semences est sanctionné par la délivrance d’un certificat qui atteste que les semences produites sont de bonne qualité.

VII. RECONDITIONNEMENT DES SEMENCES ET ETIQUETAGE

A la fin des analyses au laboratoire, les semences certifiées bonnes sont reconditionnées dans des sacs neufs de 50 à 100 kg et scellés.

Les semences déclassées sont enlevées des magasins par leur propriétaire.

L’emballage de reconditionnement de la semence doit comporter deux sortes d’étiquettes :

  • une étiquette du producteur de la semence, à l’intérieur et à l’extérieur de l’emballage faisant mention (du nom de l’espèce, du nom de la variété ou de la catégorie de matériel forestier de reproduction, du pays de production, du cycle de production, campagne agricole de production, du numéro de lot, de la date de péremption, du poids du contenu et du produit de traitement utilisé, du nom du producteur.
  • une étiquette du distributeur de la semence permettant de l’identifier et indiquant les informations suivantes : nom du distributeur, adresse du distributeur, raison sociale du distributeur.

VIII- ORGANISATION ET MARKETING

8.1 ORGANISATION DE LA PRODUCTION DE SEMENCES CERTIFIÉES

La production de la semence certifiée est assurée par différents types de producteurs parmi lesquels on peut citer les :

  • • producteurs individuels privés
  • • sociétés semencières
  • • groupements de producteurs semenciers isolés ou en union
  • • es associations et les Organisations Non Gouvernementales.

Au plan national, l’Union Nationale des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers du Burkina (UNPS-B) regroupe les Unions régionales des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers  (URPS), elles-mêmes constituées de regroupements des Unions Provinciales des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers (UPPS).

Elle est chargée de coordonner l’ensemble des activités de production de semences certifiées de ses membres sur le territoire national.

L’ensemble de ces acteurs produit avec leurs moyens propres et assurent eux-mêmes la vente de leurs produits. Ils se soumettent comme l’exige la loi semencière au contrôle de certification du Service National des Semences chargé du contrôle et de la certification.

Les producteurs bénéficient de l’encadrement technique des services agricoles au niveau central et décentralisé. Les différentes représentations de la recherche agricole sont aussi des partenaires privilégiés de ces producteurs, en tant qu’obtenteurs des variétés des différentes espèces et donc fournisseurs des semences de base.

8.2 DISTRIBUTION ET MARKETING DE SEMENCES CERTIFIEES

La dernière grande étape se situe au niveau de la diffusion et de la commercialisation des semences. Elles doivent être livrées en quantités suffisantes, à la bonne période et en des endroits accessibles aux agriculteurs. La production de semences est avant tout une activité lucrative de l’entreprise agricole. Pour cela, avant de se lancer dans la production de semences, il est impérieux de suivre une démarche appropriée en répondant à un certain nombre de questions, en lien avec la :

  • • prospection du marché ;
  • • maîtrise des relations de vente ;
  • • et la détermination des marges de négociation.

L’organisation de la distribution et du marketing exige des connaissances précises sur trois activités fondamentales : l’emmagasinage (rassemblement), le transport (distribution) et la vente.

La considération essentielle valant pour l’emmagasinage des semences s’applique également à leur stockage durant la phase de distribution-commercialisation. Dans la période où elles seront successivement acheminées des centres de production et de traitement vers les centres de rassemblement, puis vers les marchés, les semences seront entreposées pendant quelques semaines à quelques mois. Il faut aussi prendre en compte dans la période d’emmagasinage le temps de transit.

Pour le transport, des semences, il convient d’utiliser un système de transport adéquat pour la sécurité des semences.

8.3 COMMERCIALISATION

Avant de se lancer dans la production il faut avoir un marché et présenter un produit de qualité. C’est pour cela qu’un accent particulier doit être mis sur les opérations de conditionnement afin de sortir une semence qui se présente bien. Le marketing des semences exige des efforts continus de promotion, orientés vers les utilisateurs finaux et un réseau de distribution vers les marchés potentiels.

Le producteur semencier, pour convaincre sa clientèle, peut avoir recours aux radios locales et aux médias. Les champs de démonstration avec visites commentées seront nécessaires et les ventes à crédit sont des moyens de fidéliser sa clientèle.

Pour accroître la production agricole nationale, des semences de bonne qualité et de performance élevée devront être achetées et utilisées par les paysans. Pour ce faire, le promoteur des semences sélectionnées devra mettre l’accent sur la recherche de moyens pouvant convaincre l’utilisateur (paysan). Le marketing des semences nécessite une maîtrise continue et systématique des besoins de l’utilisateur:

  • • une communication et un circuit d’informations concernant les semences allant vers et provenant des utilisateurs potentiels;
  • • un réseau adéquat de distribution jusqu’au niveau de l’utilisateur final ;
  • • la multiplication des boutiques de ventes de semences (les points de vente devront être aussi nombreux que possible) ;
  • • la prévision d’un conditionnement plus accessible ;
  • • l’appui à l’émergence et au renforcement des organisations de producteurs de semences.

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