Des journalistes à l’école des producteurs semenciers

Ils étaient environ une vingtaine de journalistes du public et du privé, ayant pris part à la caravane de presse

Dans le but de promouvoir la production et l’utilisation des semences améliorées certifiées, associées aux bonnes pratiques, l’Association Agriculture et Médias, avec le soutien de l’Union Nationale des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers du Burkina (UNPSB), a organisé une caravane de presse du 05 au 09 octobre 2020, dans quatre régions du Burkina. L’objectif de cette sortie terrain était d’informer les journalistes du processus de production des semences améliorées certifiées et leur impact sur l’accroissement des rendements agricoles.

Ils étaient une vingtaine de journalistes de différents organes de presse à avoir pris part à la caravane de presse organisée par l’Association Agriculture et Médias (AAM) en collaboration avec l’Union Nationale des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers du Burkina (UNPSB), dans la semaine du 05 au 09 octobre 2020, dans les régions du Plateau-central, du Centre-nord, de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et du Sud-ouest. Pour le coordonnateur de l’Association Agriculture et Médias, Elymane NIKIEMA, cette  caravane de presse vise à donner plus de visibilité aux activités des producteurs semenciers, qui travaillent pour la plupart dans l’ombre et l’anonymat.

A la ferme semencière de Loumbila dans le Plateau-central, la vingtaine de journalistes a été accueillie, le lundi 05 octobre 2020, par le président de l’UNPSB, Inoussa OUEDRAOGO. Pour lui, cette caravane de presse contribuera à donner l’information juste sur le processus de production semencière et permettra de mettre en lumière la contribution de la semence améliorée certifiée à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina.

Le président de l'UNPSB, Inoussa OUEDRAOGO, dans la ferme semencière de Loumbila dans le Plateau-central

En effet, sur le terrain, les journalistes ont pu visiter plusieurs spéculations, allant du maïs au niébé en passant par le sorgho, le sésame, le manioc et le riz sur des superficies pouvant aller jusqu’à 20 ha et plus. En effet, à la ferme semencière de Loumbila, Amado SEBGO, président régional des producteurs semenciers du Plateau-central, a produit du sorgho, du sésame et du niébé. Pour lui, les semences améliorées certifiées s’adaptent aux changements climatiques et donnent des rendements satisfaisants. Pour cette campagne, il dit attendre par exemple 1,5 tonne et 800 kg par ha respectivement sur les parcelles de sorgho et de sésame.

Je promets utiliser dorénavant les semences améliorées certifiées

Un peu plus loin, dans la région du Centre-nord, dans le village de  Sèra, situé à 12 km de Kaya, le champ semencier de Wahab OUEDRAOGO, a été visité par les caravaniers. Là, sur une superficie de 5 ha, le riz de variété FKR 19  au stade de maturation attire l’attention de par sa physionomie. Wahab OUEDRAOGO dit attendre un rendement de 4,5 tonnes à l’hectare.

Alidou KIEMTORE, président régional des producteurs semenciers du Centre-nord, visitant le champ rizicole de Wahab SAWADOGO, dans le village de Sèra

A Boussouma, les journalistes ont pu voir l’application de la semence améliorée certifiée dans l’exploitation agricole de Mamounata SAWADOGO. Les 4 hectares de mil de consommation  se présentent bien. Les plants sont en maturation et la moisson sera bonne. A entendre Mamounata SAWADOGO, le rendement de la semence améliorée certifiée est nettement meilleur que celui de la semence locale. Elle promet utiliser dorénavant les semences améliorées certifiées et invite les autres producteurs à faire de même.

La plupart des producteurs ont adopté les semences améliorées certifiées

La 2e étape de la tournée de la caravane a conduit les journalistes dans le grand Ouest.  

En effet, dans la région de la Boucle du Mouhoun, dans l’exploitation de Yirossi KOHOUN dans le village de Kamandéna à 10 km de Dédougou, les superficies des spéculations sont  de 10 ha pour le maïs,  4 ha pour le sorgho flagnon, 4 ha de sésame et 3 ha de  niébé. Le jeune semencier de 36 ans, père d’une dizaine d’enfants  confie aux journalistes que depuis qu’il produit les semences améliorées certifiées, ses conditions de vie et de travail se sont améliorées. Il affirme faire un bénéfice annuel de 12 millions de FCFA.

Yirossi KOHOUN, producteur semencier dans la Boucle du Mouhoun confie que grâce à la production des semences améliorées, ses conditions de vie ont positivement changé

Quant au président de l’Union Régionale des sociétés coopératives des Producteurs Semenciers de la Boucle du Mouhoun, Nonyéza BONZI,  l’installation de la saison a été difficile dans la région, mais au stade actuel, la physionomie des champs promette  une bonne récolte.  « La plupart des producteurs ont adopté les semences améliorées certifiées parce qu’ils se sont rendus compte de l’amélioration de leur rendement agricole », a indiqué Nonyéza Bonzi tout en soulignant que les 400 producteurs membres de son organisation bénéficient du suivi et de l’accompagnement du ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles.

 

Le mil hybride présente plusieurs avantages

Dans la région des Hauts-Bassins, sur la plaine rizicole de Bama, l’une des plus importantes du Burkina selon Julien OUEDRAOGO, Directeur Régional de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles, deux types de productions sont pratiqués sur les 1 260 ha avec une prévision de 10 000 tonnes de récolte. Il s’agit notamment de la production semencière (base et certifiée améliorée) et la production céréalière. Sur cette rizière, l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) y pratique plusieurs recherches sur la semence de base de riz, en collaboration avec la société semencière NAFASO du promoteur Abdoulaye SAWADOGO. Toujours selon Julien OUEDRAOGO, dans le cadre de l’initiative présidentielle « produire un million de tonnes de riz paddy d’ici à 2021 », la région des Hauts-Bassins avec l’accompagnement de l’Etat s’est donnée pour objectif de produire 144 425 tonnes de riz.

Abdoulaye SAWADOGO, président d'honneur de l'UNPSB dans son exploitation de mil hybride à la périphérie de la ville de Bobo-Dioulasso

La caravane de presse a par la suite visité un champ expérimental de mil hybride du producteur Abdoulaye SAWADOGO, à la périphérie de Bobo-Dioulasso. Le mil hybride présente plusieurs avantages car il a un cycle court et un important rendement, a-t-il expliqué. Les hommes de médias ont également visité l'usine NAFASO avant de se rendre  dans la ferme semencière de Hamadé SAVADOGO, à Bona, dans la commune de Lèna. Sur la trentaine d’hectares emblavés cette année, Hamadé SAVADOGO, douanier retraité qui s’est reconverti dans l’agriculture, y  produit 5 hectares de maïs hybride, 4 hectares de niébé et 3 hectares d’arachide, dont la récolte est prévue dans les prochains jours.

La culture du manioc, un business très rentable

La région du Sud-ouest, a été  la dernière étape de la tournée de la caravane de presse, le vendredi 09 octobre. Dans cette localité, les hommes de médias ont été émerveillés par l'exploitation agricole de Nahondomon PALENFO, producteur semencier et trésorier général de l'UNPSB. Sur une superficie de 3 ha, il y produit des boutures de manioc de la variété V5, qui une fois à maturation donne un rendement de 30 à 40 tonnes l'hectare. De par son abnégation au travail, Nahondomon PALENFO est devenu une référence non seulement au Burkina Faso, mais également dans la sous-région, car il livre ses boutures au-delà des frontières burkinabés. « Le Burkina Faso est une référence dans la production de boutures de manioc dans la sous-région. Mon champ a été identifié comme une exploitation saine, c’est-à-dire, que nous respectons toutes les normes de production de la semence, et à ce titre, nous pouvons ravitailler d’autres pays. Ici nous maitrisons la technologie de la production », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que la culture du manioc est un business très rentable et ne rencontre aucune difficulté quant à son écoulement. A côté du champ de manioc, monsieur PALENFO produit également 10 ha d'arachides.

 

Nahondomon PALENFO, dans son champ de bouture de manioc, à Gaoua

Un peu plus loin, dans la province de la Bougouriba, à la sortie de la ville de Diébougou, c'est le champ de Bertrand SOME, un fonctionnaire à la retraite qui a reçu la visite des journalistes. Dans son exploitation de 10 ha, Bertrand SOME, fait de la production céréalière de sorgho, de niébé, du maïs et des arachides. Selon lui, il n'y a aucune comparaison à faire entre le rendement d'un producteur qui utilise les semences améliorées certifiées et celui qui utilise les semences locales. Il invite les producteurs à opter pour les semences améliorées certifiées pour l’atteinte de la sécurité alimentaire au Burkina Faso.

Quant au représentant du ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles, Martin SAVADOGO, au terme de la tournée de la caravane de presse, un sentiment de satisfaction se dégage. Pour lui, nous sommes au stade de la vulgarisation et l’avantage de l’utilisation des semences améliorées certifiées est l’accroissement significatif constaté au niveau des rendements agricoles par rapport aux semences traditionnelles. C’est sur ces notes de satisfaction qu’a pris fin la caravane de presse.

Photo de famille à la fin de la tournée, à Diébougou dans le Sud-ouest

Service de communication et des relations publiques

 

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